vendredi 29 janvier 2010

Petite blague d'urbaniste...



...qui circule sur le net

En 2009 après Jésus-Christ, Dieu visite à nouveau Noé et lui dit : - "Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que quelques humains parmi les plus méritants..

Dans six mois, j'envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout !"

- Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu'une vague ébauche de chantier.

- "Mais, Noé, tu n'as pratiquement rien fait ! Demain, tu le sais, c'est le Déluge!"

- "Pardonne-moi, Tout Puissant, j'ai fait tout mon possible mais ....les temps ont changé:

J'ai essayé de bâtir l'arche, seulement il faut un Permis de Construire et le bureau instructeur me fait des ennuis au sujet du système d'alarme anti-incendie et du contrôle des termites.

- Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l'échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur vue. (J'ai dû recourir à un médiateur-conciliateur et la décision est en appel au tribunal administratif).

- l'Urbanisme m'a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l'arche jusqu'à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu'à nous.

- La coupe du bois de construction navale s'est heurtée aux multiples Associations pour La Protection de l'Environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par les Eaux et Forêts n'avait pas de valeur aux yeux du Ministère de l'Environnement, et que cela détruisait l'habitat de plusieurs espèces animales. J'ai pourtant expliqué qu'il s'agissait, au contraire de préserver ces espèces, rien n'y a fait..

- J'avais à peine commencé à rassembler les couples d'animaux que la SPA et la WWF me sont tombées sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux que je les soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que j'enfermais dans des pièces trop exiguës.

- Ensuite, l'agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude de l'impact sur l'environnement de ce fameux déluge.

-Dans le même temps, je me débattais avec le Ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles Je les avais embauchés car les Syndicats m'avaient interdit d'employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

- Enfin le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m'assigner devant les tribunaux pour tentative de franchissement de frontière en possession d'espèces protégées ou reconnues comme "dangereuses". - Aussi, pardonne-moi, Tout Puissant, ... j'ai manqué de persévérance....et j'ai abandonné le projet".

Aussitôt les nuages se dissipèrent, un arc-en-ciel apparut et le Soleil se mit à briller.

- "Mais tu renonces à détruire le monde ? " demanda Noé.

- "Inutile, répondit Dieu, l'ADMINISTRATION s'en charge !"

lundi 18 janvier 2010

Reconstruire


Haïti partout sur les journaux, dans les radios, les télévisions...
Après tant d'années de quasi-indifférence.

Et pendant ce temps, dans d'autres contrées, d'autres urgences.

J'y vais pourtant de mon couplet. "Architectes sans frontières" cherche des candidats pour les missions d'évaluation et de reconnaissance : ingénieurs, architectes, peut-être aussi des personnels de liaison.

Ils travailleront surtout sur des équipements collectifs, écoles, hôpitaux...


Il existe aussi les Architectes de l'Urgence, qui agissent en Afghanistan, au Pérou, en Colombie, au Myanmar, en Indonésie, à Sumatra, au Tchad.


Espérons que ce sera l'occasion, enfin, de construire anti-sismique.

Pourtant, combien peu de pauvres, peu de quartiers périphériques, bénéficieront de ces aides ?

Révoltes, dégoûts et rages, ne doivent pourtant pas empêcher d'essayer.


lundi 4 janvier 2010

Pour une année sans bavures...




Ceci est une photo d'une route à Terre-de-Haut, les îles Saintes, en Guadeloupe.




Meilleurs voeux à l'assemblée rieuse !

mercredi 23 septembre 2009

Ouvrez la bouche et dites "A"


Mon bureau, c'est un petit peu mon thermomètre usuel pour prendre la température de mes contemporains-raines.


Je suis, par la nature de mon métier, fort sédentaire, tandis que la nature de la radio-mairie (version plus endogène de la Radio Langue De Pute qui sévit dans certaines familles), est plutôt balladeuse.



De telle sorte que viennent à mon bureau nombre de collègues (plus tangibles que les rumeurs, mais en réalité ce sont les mêmes vecteurs de transport), qui échangent avec mon assistante et moi des propos doux-amers sur la hiérarchie, les pestes, les coléreux, et autres joyeuses contaminations de notre biotope.

C'est ainsi que je plante innocemment mon instrument de mesure dans le fondement de l'humeur du jour.

La population sujet de mon épidémiologie s'incarne dans la simple et moyenne ménagère de moins de 50 ans, qui s'habille comme dans les magazines, se coiffe comme dans les magazines, mange comme dans les magazines, regarde la télé comme dans télé-magazine.
A la nuance près que sa médiocrité ne la navre pas autant que la condescendance crasse de son patron et que l'âcreté des humeurs de sa chef.

Encore que navrer ne soit pas le verbe adéquat.

Je dirais plutôt, aigrir.

Car, la voilà, la température de mes contemporaines-rains : l'aigritude.

La conscience est, pour sa part, une température que je relève rarement sur mon thermomètre.
De la rancœur, du mépris, de l'insolence, de l'indécence, en veux-tu en voilà. Règne de l'individualisme, de l'envie, de la bassesse, de la petitesse, de la mesquinerie, ce que les autres ont, on le veut on l'aura.
Ne passez plus, on a déjà donné, maintenant c'est nous d'abord, le déluge après. (Seigneur, que de fois l'ouis-je, cette litanie honnie ?)
Du recul, de la hauteur de vue, de la générosité ? mais on n'en a plus en rayon, ma pauvre dame, c'est qu'on ne la vendait plus, même à perte !

Que dites-vous ? l'abnégation ? Au musée, au fond à droite, dans la réserve, avec la grandeur d'âme... mon thermomètre aura loin à s'enfoncer, je vous le dis...



Forcément, moi, en digne disciple de l'HACHEB, je trépigne, je fulmine, je crache, je rugis, je vocifère, bref, je fausse mon thermomètre… et je n'ai plus qu'à faire baisser le mercure pour reprendre l'étude à zéro… demain.


A ce soir, mon chérichéri…

vendredi 28 août 2009

Couronnes roses

Pour l'instant, rien ne souffle
Pour l'instant, rien ne bouge
Et comme en chaque temprane maudite, il faut pourtant qu'il crève, ce maudit noir dessus.

J'ai peine à trouver le canal à mes peines, ce tout petit tuyau si ténu et si incertain qui se déchire en arrivant au bout,
Les bordures livides de mes chairs opales, plus dénaturées qu'un cancer, écrasent mon savoir, éclipsent ma tension de vivre, et je suis vide, et vide, et vide chaque fois
Vide de haine contre le vent implacable du temps qui file sa toile vaine
Vide et en prison, vide et en colère, vide à me taire

Vide à demander pardon

mercredi 5 août 2009

Architecte et panurgeophobe !



A l'instar de mon préféResse, le responsable des propos suivants fait une allergie sévère à la propension de ses contemporains à la plus navrante étroitesse d'esprit. Il stigmatise avec une vigueur peu commune, la malheureuse et pourtant fort répandue tendance de l'Administration à opposer une résistance farouche à toute espèce de bonnes idées en usant de l'excès de zèle et en levant bien haut une réglementation sans manquer de se draper avec dignité dans le manteau de la République.

Victime à mes heures de cette redoutable engeance qu'est le service instructeur (ou destructeur, selon l'interprétation) des autorisations d'urbanisme , je ne résiste pas au plaisir de vous livrer ces lignes repérées sur un forum de discussion en Urbanisme. J'en ai expurgé quelques fautes dues à la manifeste rage de leur auteur, que je remercie pour sa contribution, mais style et sens n'ont pas été touchés.

Pour la compréhension du lecteur, un petit point sur le contexte : le Monsieur qui s'exprime ici est architecte libéral et peste (Peste ! le mot est faible…) en répondant à un mien congénère qui se réjouissait que nous ne soyions pas à la botte des architectes et que nous fassions respecter avec constance les règles (souvent absurdes et absconses, admettons-le) de nos Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) issus d'une pratique éminemment démocratique.

(Petit indice : NDLB, note de la blogueuse, pour expliciter le propos)


" Allons ... qui parle de bottes quand juste un petit coup de pied au cul ne ferait pas de mal à certains 'représentants' de, comme vous dites, notre Démocratie.

L'écriture des PLU n'a rien de tel [NDLB : démocrate s'entend] hors une confiance absolue en de précaires élus et surtout en leurs services d'urbanistes dont on connaît bien la légitimité.
Poser quelques remarques sur les documents que bien entendu la population est à même de comprendre avec les bo dessins colorés de ces mêmes services et leurs schémas si clairs qui vous expliquent comment insérer leurs propres volontés spatiales et esthétiques [NDLB : dans votre projet architectural].
Chaque petit PLU local s'élabore grâce à l'aide d'urbanistes 'indépendants' de formation précaire, architectes incompétents pour la plupart sortis de stage de désinformation Sciences Popo pour carnet d'adresses [NDLB : il doit plutôt s'agir de CV ou de référence], ayant investi dans la Bible du Code de l'Urbanisme, le Coran du Code de la Construction, le Talmud du Code Civil etc... de paysagistes douteux planteurs de choux exotiques, de désigneurs catalogués de bancs publics, de CAUE à la petite semaine [NDLB : Conseil Architecture Urbanisme Environnement, service gratuit], d'associations estampillées patrimoine, hérissons ou autres, la cour des miracles citoyens fait office de représentation démocratique. Voyez, voyez...


Oui, il y a larbins instructeurs quand : ils osent réclamer des exemplaires supplémentaires de formulaires de PC [permis de construire], de production de plans intérieurs [NDLB : cela ne peut pas être exigé !], que d'obtenir rendez-vous pour synthèse pré ou post dépôt est une sinécure, à votre bon coeur Messieurs, quand les délais octroyés pour des cas spécifiques (ABF [Architecte des Bâtiments de France] et autres) deviennent banalement leurs [NDLB : c'est-à-dire que même pourvus de la réponse du service consulté, ils ne répondent pas tout de suite et attendent que le délai légal s'écoule], quand l'arme fatale de telle jurisprudence détournée de sa légitimité est sortie du chapeau, quand ... de peur de s'éloigner du seul plan important : celui de leur carrière.

Allons... il serait temps que tous ces chers urbanistes se sentent un peu plus responsables du désastre urbain et social, du coût de leur inertie et de leurs inepties.

Les architectes sont, comme vous dites, bien souvent sous la botte des grands groupes du BTP [Bâtiment Travaux Publics], mais ne seraient-ce pas ces derniers qui par leurs lobbyings font promulguer à force députés tous ces textes que vous appliquez avec tant de conscience républicaine? garde à vous !
Allons de quelle architecture parlez-vous, celle des derniers écolos de façades, des tours sans fin ?
Je suis architecte, avec encore un Ordre et une déontonlogie au service de l'intérêt public.
Je pratique avec tous les risques sur mes biens propres, en attente de disparaître dès que la Loi sur les Sociétés d'Architecture sera passée [NDLB : suite à un prochain épisode].
Vous avez préparé le terrain, par vos règles loin de tout Art.
Aux trente glorieuses d'une Modernité bafouée ont suivi trente années de spéculation urbaine, de quoi se réjouir ?
La Démocratie exige des hommes debout, les larbins sont d'une autre histoire."

vendredi 10 juillet 2009

Eco-construction : le recyclage

Tous les professionnels du BTP (Bâtiment et Travaux Publics) le savent, le plus immonde dans la construction, c'est la démolition. C'est compliqué, sale, dangereux, et puis on ne sait pas comment se débarrasser des matériaux.
Un chemin de terre isolé est hélas, souvent, rempli d'immondices, gravats, matériaux sales voire parfois dangereux : les entreprises ne savent pas où les déposer, les déchetteries ne traitent pas suffisamment les gros volumes, et les matières dangereuses exigent un traitement spécial et coûteux.





Voici une expérience très intéressante, près de Boston (Massachussets, E.U.) : la Big Dig House, construite à partir de matériaux de récupération d'une autoroute. Ce projet de 316 m² laisse entrevoir un bel espoir : enfin construire du neuf avec du vieux. Ce n'est pas dommage.

Plus de photos et de précisions sur Future Architecture.